jeudi 2 juin 2016

Jean-Dominique Rey in memoriam

© Christiane Rey
 Jean Dominique Rey 29 mars 1926-22 mai 2016


Nous apprenons seulement aujourd'hui la disparition de Jean-Dominique Rey, qui fut l'ami de Rodanski lors des années 1947-1948 autour de Brauner et la revue Néon. Patrick Kechichian lui consacre un article sur le site du Monde.

On pourra réécouter Jean-Dominique Rey parmi les amis de Rodanski interviewés dans le numéro spécial consacré à l'auteur de La victoire à l'ombre des ailes par l'émission Surpris par la nuit (1999)



mercredi 1 juin 2016

Le rosaire des voluptés épineuses, par l’équipe d’LG Théâtre de Georges Lavaudant

3-6 juin 2016, Le Printemps des comédiens à Montpellier 



Le rosaire des voluptés épineuses, par l’équipe d’LG Théâtre de Georges Lavaudant 


« Comme très souvent avec Rodanski, qui à ma connaissance n’a jamais écrit de véritables pièces de théâtre, nous nous trouvons confrontés à plusieurs énigmes qu’il nous faut déchiffrer – parfois même accepter de laisser irrésolues. En apparence, nous sommes dans un hôtel/palace/tombeau (chez Rodanski, ne biffez jamais les mentions inutiles). Un dandy/criminel/poète du nom de Lancelot (comme le valet de trèfle) vient d’empoisonner/pousser au suicide une amie/amante portée sur le mensonge et les jeux érotiques. Bientôt on frappe à la porte. Apparaît alors la Dame du Lac, sorte de double ou d’ombre de la précédente, venue pour jouer son rôle. Mais c’est aussi, bien évidemment, la Mort, une mort aux multiples masques. S’ensuivent quelques échanges décalés, des réponses incertaines, des jeux de mots, des sommations, tout un attirail verbal évoquant des paysages enneigés ou retraçant la figure de la défunte (“Imago”). Tout cela à travers de longues phrases enroulées sur elles-mêmes comme des serpents se mordant la   eue, sous le regard amusé et en la présence manipulatrice d’un serviteur : Carlton (“la voix de son Maître”). » Georges Lavaudant

 
 

Avec Frédéric Borie (Lancelot), Élodie Buisson (La Dame du Lac), Frédéric Roudier (Carlton), Louis Beyler et Clovis Fouin.

samedi 28 mai 2016

Élie-Charles Flamand in memoriam



Élie-Charles Flamand, 25 décembre 1928-25 mai 2016
(avec Rodanski, à Lyon, années 50)


Bien cher Stan, mon ami Stanislas Rodanski, maints souvenirs de toi remontent souvent avec émotion du fond de ma mémoire. Je nous revois, lors de mes séjours à Lyon alors que j’étais déjà fixé à Paris, dans nos errances nocturnes, sillonnant le labyrinthe de la ville endormie. Tu me faisais alors le présent de tes longs monologues d’un fulgurant lyrisme, s’y enchaînaient les récits de ta quête du ténu, de l’inaccessible, les éclats de la création spontanée d’une mythologie personnelle qui donnait visages chatoyants à l’Amour et à la Mort et au Temps, le désir farouche de franchir toutes limites et tantôt de se tenir sur la fine pointe de l’extrême, tantôt d’être, comme tu l’as magnifiquement écrit : « la balle au bond d’un instant de liberté ». Ces traversées de nuits embrasées se terminaient dans quelques boîtes de nuit un peu louches où nous nous enchantions mélancoliquement des voix rauques de chanteuses sans espoir.


Lire la suite des "Souvenirs sur Stanislas Rodanski" d'Élie-Charles Flamand (paru initialement in Supérieur Inconnu (2007), repris in Propos mosaïqués, en ligne, p. 201-205).



Stanislas Rodanski, portrait par Élie-Charles Flamand

dimanche 10 avril 2016

Patrice Beray - L’événement inconnu (Stanislas Rodanski, Jean-Luc Raharimanana) (blog "Inspire, ce n'est rien")

C’est François-René Simon qui m’a rappelé cette image de Stanislas Rodanski, « l’événement inconnu », alors que l’on fêtait la semaine passée, à Toulouse, un cher ami commun. Certes, il serait commode de réduire cette image à une figure de rhétorique : l’oxymore par exemple. Car pas de lapsus possible, le poète n’a pas dit événement inattendu ou imprévu, mais « inconnu ». Or comment un mot dont le sens porte à penser qu’il désigne un fait, qui, par nature, a eu lieu, ou est en train d’arriver, pourrait-il être qualifié d’« inconnu » puisqu’on est censé en avoir connaissance dès lors qu’on le perçoit, surgissant dans la réalité comme tel ? Ce fait, à défaut de le comprendre, et pour peu qu’il se déroule sous nos yeux, ou à tout le moins à portée d’oreilles, on pourrait le décrire, en témoigner et même essayer de l’interpréter.

Pour autant, il n’est pas tout à fait exact de dire que les deux termes s’excluent absolument de par leur sens (ce serait alors bien un oxymore). C’est leur association qui est troublante, et bien dans la manière de l’image surréaliste consistant à rapprocher deux réalités en tous points éloignées.

Si tout dans cette image, « l’événement inconnu », par la force de l’adjectif « inconnu », paraît propulser au-devant de la vie, dans le présent qui sollicite au-dehors, en un mélange d’anxiété et de désir de découverte, alors le mot même d’événement, dans le rapprochement inédit de ce couple de termes, est là pour retenir au-dedans, pour rattacher à un passé immédiat ou lointain.

C’est que l’événement tout autant que de placer devant la vie renvoie au vécu immédiat ou lointain. Ainsi cet événement inconnu prend-il attache dans la mémoire, et s’il est resté enfoui dans le passé, en tant qu’événement, c’est parce qu’il n’a pas été possible au moment de son surgissement de percevoir pleinement sa qualité ou son importance. Ajoutons même que pour des raisons contingentes, il ne pouvait pas en aller autrement au moment de son surgissement.

En une image l’événement que délivre Rodanski a ceci de singulier qu’il s’est empli de la capacité des mots, dans leurs relations, à transformer la réalité. Et c’est sa réapparition au fil du temps, dans le temps qui l’a vu grossir, qui en fait, par son cheminement secret et sa survenance dans un présent plus lointain, un « événement inconnu ». Lire la suite...

mercredi 30 mars 2016

Rodanski on air - B. Lacarelle pour Le club des ratés de l'aventure

Bertrand Lacarelle était l'invité de l'émission Poésie et ainsi de suite, aux côtés de Jean-Michel Ribes, pour évoquer Cravan, Vaché, Rigaut, Rodanski et quelques autres. On le réécoute en cliquant ci-dessous (vers la 25e minute) !

lundi 21 décembre 2015

Alain Jouffroy in memoriam

Alain Jouffroy, 11 septembre 1928-20 décembre 2015




 

 En 1999, Alain Jouffroy participait au portrait radiophonique de Rodanski sur France-Culure.

En 2002 paraissait aux éditions Jean-Michel Place son dernier ouvrage consacré à son ami, Stanislas Rodanski, une folie volontaire. Dès 1966, il en faisait l'un des personnages principaux de son roman Le temps d'un livre.


lundi 19 octobre 2015

Bertrand Lacarelle, La taverne des ratés de l'aventure


Les Éditions Pierre-Guillaume de Roux publient le troisième essai de Bertrand Lacarelle, La taverne des ratés de l'aventure, où Rodanski occupe une place de choix. Contrairement à ses deux premiers livres (Jacques Vaché et Arthur Cravan, précipité), B. Lacarelle ne s'intéresse pas seulement à la trajectoire d'un maudit de la littérature du XXe siècle, mais à une idée - pas seulement littéraire d'ailleurs - celle d'aventure. Rodanski était tout à fait indiqué pour faire surgir ce thème dans notre époque, celle des "vivants-morts" selon B. Lacarelle. Ouvrage nettement plus personnel que les deux précédents, où fiction, autobiographie et essai littéraire se mêlent habilement, La taverne des ratés de l'aventure propose notamment une mise en perspective de la figure de Rodanski dans l'histoire du XXe siècle (sur un mode différent de Pour chorus seul de Patrice Beray). Signalons que quelques photographies y sont reproduites, dont une portrait inédit de Béatrice de la Sablière, qui fut un temps la compagne de Stan.

Présentation de l'éditeur : Pendant près d'un mois le narrateur écrit dans un bistrot découvert par hasard, La Taverne des ratés de l'aventure, rue Gît-le-cœur à Paris. Le lieu a été créé en hommage au poète Stanislas Rodanski par le patron, Bernard Schwartz, ancien parachutiste à la vie légendaire qui a été son ami. Il est fréquenté par Alexis Morenne et son « Club des ratés de l'aventure », spécialiste du poète, et par des habitués étranges (« Néon », Clara, le comte de Sans-Refus) qui accompagnent le narrateur dans sa quête. Ce dernier se plonge dans les bibliothèques sauvages de la taverne et, de lectures en lectures, se met à écrire son propre livre.

Cela commence par un essai sur Rodanski, obsédé par l'aventure et la recherche de la réalité à travers le néant moderne, mais qui a passé la moitié de sa vie dans un asile psychiatrique. Son destin suscite une réflexion sur les liens entre aventure et littérature, une critique de la société de l'image et des « vivants-morts », un appel au réveil encouragé par les chevaliers-poètes et les ratés magnifiques. Dans cette renaissance au sein de la taverne, le narrateur sera guidé par des victimes, des résistants ou des prophètes comme Jack Kerouac, Chrétien de Troyes, Etienne de la Boétie, Thoreau, Baudelaire, Henry Miller, Bernard Lamarche-Vadel, Fritz Zorn, Witold Gombrowicz, Dominique de Roux, Milo Manara, René Daumal, Herman Hesse ou encore George Romero et F.J. Ossang.