lundi 14 octobre 2013

Autour de Stan : rééditions

Sont parues au mois de septembre deux rééditions d'ouvrages intimement liés à la figure de Rodanski.


Les Éditions Les Hauts-Fonds ont réédité L'Aventure de la Marie-Jeanne ou le journal indien de Claude Tarnaud, où plusieurs lettres de Stan sont insérées par Tarnaud dans le fil du récit. L'édition originale était introuvable, tout comme la réédition de L’Écart Absolu (2000) : saluons donc cette heureuse initiative !

Présentation de l'éditeur : Initié en 1948, alors que le poète a vingt-six ans, au moment de l'aventure de la première revue surréaliste de l'après-guerre NEON, « c'est l'espace-temps d'une traversée unique que désigne de part en part L'Aventure de la Marie-Jeanne ou le Journal indien de Claude Tarnaud » (Pour chorus seul, Patrice Beray). Cette œuvre-vie, qui forme le troisième volet de la tétralogie en prose de Claude Tarnaud (1922-1991), aurait dû paraître en 1965 aux éditions du Soleil Noir. Véritable projet de création collective dont la germination est capitale dans l’œuvre de son principal instigateur, y associant entre autres les poètes Stanislas Rodanski, Ghérasim Luca, L'Aventure de la Marie-Jeanne ou le Journal indien prit des allures de naufrage quand Claude Tarnaud décida de renoncer définitivement à sa publication. Jugeant ainsi qu'il n'y avait d'autre choix pour échapper à la mystification littéraire de son époque, il a laissé le lecteur de tous les temps, par tous les temps, découvrir à contretemps ce « récit multi-composé », « signe qu'un nouveau méta-romanesque (mythique-vécu) est à venir ».



La Rumeur libre offre quant à elle une version revue et augmentée d’Écritures de la psychose de Bernard Cadoux. Ouvrage de référence épuisé depuis longtemps, Écritures de la psychose évoque longuement la figure de Rodanski, que l'auteur, en compagnie de Jean-Paul Lebesson, a fréquenté régulièrement les dernières années de sa vie à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Le film Horizon perdu fut l'aboutissement poétique des rencontres de ce trio.



Présentation de l'éditeur : Que peut la folie d’écrire contre le risque de démantèlement psychotique ? Quel recours l’écriture offre-t-elle aux malades qui la pratiquent spontanément ou au sein d’un atelier ? Permet-elle à chacun de recoller les morceaux d’une identité perdue ou au contraire de multiplier ses doubles jusqu’à se perdre ? Bernard Cadoux explore les motifs qui font de la folie d’écrire un véritable rempart contre la psychose, en prenant appui sur son expérience clinique et la lecture assidue de ces écrivains de la folie que sont Rodanski, Artaud et Pessoa.
Il précise le cadre nécessaire pour qu'un atelier soit thérapeutique. L'invitation faite aux participants d'en (re)venir à l'écriture à la plume met en évidence le jeu qui s’instaure entre l’écriture matérielle et l’écriture prosaïque, entre le geste graphique et la geste comme récit. Le détour par la fiction permet à chacun de se rêver et de se dire à mots couverts. L’atelier, en appui sur l’expression écrite et le groupe, construit un récit collectif à partir duquel chacun pourray aller de sa propre histoire. Ou pour le dire autrement chacun en viendra à tailler son propre costume dans l’étoffe narrative groupale tissée au fil des séances.

samedi 18 mai 2013

Stan dans la correspondance Hérold-Tarnaud


Nouvelle vente, nouvelle source pour les rodanskophiles. Une lettre de Jacques Hérold à Claude Tarnaud en date du 8 février 1954, dont voici l'extrait publié dans le catalogue :

"Il est bon tout de même de vous rappeler qu'écrire est pour moi un peu nager, et n'oubliez pas que je suis un ancien noyé [...] Hélas, notre ami Stan de nouveau, «vois-tu quelle-vie» a écrasé des têtes. Oui, puisque tu es d'accord, moi je veux m'occuper personnellement de la publication d'un texte de lui." (Collection d'un historien d'art européen - 4e partie, Drouot, vente du 17 mai 2013, p. 94)

Cela fait donc deux mois que Rodanski est entré à Saint-Jean-de-Dieu, l'asile où il terminera sa vie. On apprend donc que ses amis tentent dès cette période de publier un de ses textes (François-René Simon suppose qu'il pourrait s'agir, déjà, de La victoire l'ombre des ailes). Malheureusement, le projet n'aboutit pas. Hérold illustre sa lettre du magnifique dessin présenté au début de ce post.

mercredi 17 avril 2013

Stan dans les correspondances Tarnaud-Di Dio et Tarnaud-Breton

Une récente vente aux enchères a vu la dispersion d'une partie des archives de François Di Dio, l'homme des Éditions du Soleil Noir, qui accueillit dans son catalogue La victoire à l'ombre des ailes, en 1975. 

Un lot de 7 lettres lève le voile sur la relation entre Rodanski et Tarnaud. Ce dernier évoque en effet, au moment de la parution de La victoire à l'ombre des ailes, sa relation avec Stan au début des années 1950. Comme toujours, le catalogue de la vente ne donne à lire qu'un court passage des documents, mais celui sélectionné est tout à fait intéressant :
 
"Plusieurs personnes parmi mes amis m’ont demandé si le texte anonyme qui clôt Lancelot n’est pas de moi. Tu m’avais posé la même question – je ne m’y reconnais pas. Mais je commence à me demander si Stan ne l’a pas cru aussi. Le paragraphe qui précède la citation me trouble de plus en plus et cela expliquerait les deux lettres qu’il m’a envoyé, lettres très sibyllines dans leur beauté, d’un ton haut et d’une ironie très acérée, et qui m’avaient toujours laissé un sentiment de gène vis-à-vis de lui sans qu’il y eut à cela la moindre raison. Tu sais que je n’ai jamais revu Stan depuis… et que notre correspondance ne reprit que bien plus tard en 52". (Littérature et poésie du XXe siècle, Alde, vente du 13 avril 2013, p. 86)

Signalons une autre vente, datant de 2011, où d'autres lettres de Tarnaud, cette fois adressées à Breton, ont été mises sur le marché. L'une d'entre-elles, postérieure de quelques jours à la parution du premier numéro de Néon, évoque également Rodanski. En voici (une fois encore, l'extrait est fort court) le passage utile aux rodanskophiles :

"Je n’ai eu que de vagues échos de la réaction de nos amis devant la parution de Néon … Il y a, à la réflexion, certains passages avec lesquels je ne suis pas non plus d’accord dans les textes de Rodanski et je crois que pour le numéro 2 il faudra absolument changer la devise : « il est » qui prête terriblement à confusion." (Collection d'un Historien d'Art européen et à divers, Binoche-Giquello, 9-10 mai 2011, p. 113)

Si l'heureux acquéreur / les heureux acquéreurs de ces lettres passe/nt par ici, qu'il/s n'hésite/nt pas à nous contacter : c'est avec plaisir et reconnaissance que nous recevrons des précisions de sa/leurs part/s sur ces archives utiles à l'histoire de Rodanski.

mercredi 27 mars 2013

« ¡el saludo a Rodanski es verdaderamente magnífico! »

Première réaction - élogieuse - au dossier « Salut à Rodanski » sur le blog Surrealismo Internacional :
 
 
« Este nuevo número de la revista de la Association pour l’Étude du Surréalisme (que anuncia ya el próximo, sobre el surrealismo y “la escena”) se abre con un dossier sobre la “autorrepresentación femenina”. Como su organizadora es Georgiana M. Colvile, un nombre suficientemente desprestigiado en los medios del surrealismo como para no solo desinteresarnos por ella, sino por todos los aláteres que colaboren con ella, saltamos ya a la página 207, en que comienza un “Homenaje a Leonora Carrington” que no mejora nada las cosas, ya que lo abre la propia para luego arremeter las profesoras Chadwick & Ades, de tal modo que este número no acaba por comenzar hasta la página 235, donde se abre un “Saludo a Rodanski”.
Pero atención: ¡el saludo a Rodanski es verdaderamente magnífico! El texto que lo abre, titulado “Los pasos reencontrados de Rodanski” y firmado por Vincent Teixeira, es incluso extraordinario, uno de los mejores que se le han dedicado (y no son pocos)  a este verdadero “explorador de los abismos interiores”. No le va muy a la zaga el siguiente, “Entre intercesión y reencarnación: Vaché bajo la pluma de Rodanski”, de Thomas Guillemin, ya que aborda con inteligencia y hondura la relación entre estas dos figuras enormes. El descubrimiento que hace Rodanski de las Lettres de guerre fue tan decisivo como el de los Cantos de Maldoror; además, para él funcionó como un bloque magnético (y como “un conjunto coherente”) el librito en que iban unidas dichas cartas a los tres prólogos de André Breton. “André Breton es surrealista en mí”, escribió en una ocasión Rodanski, que además se identificó con Vaché hasta el punto de verse un poco como su reencarnación. Un tercer trabajo, por Benoît Delaune, está dedicado a La victoire à l’ombre des ailes, visto como “texto-límite” que continúa cuestionándonos. »
 
(traduction à venir...)

mercredi 13 mars 2013

Rodanski chez Vaché

L'association nantaise Impressions d'Europe nous signale la manifestation "Poétique de l'Objet" qu'elle organise dans le cadre du Printemps des Poètes. Parmi les différents événements, l'exposition "Livres-Objets", consacrée à la maison éditrice de l’œuvre de Rodanski, Le Soleil Noir de François Di Dio. 



Le programme de l'événement est d'ailleurs illustré par une série de clichés de la Valise de tueur à gage réalisée par Jacques Monory pour l'édition de tête de La victoire à l'ombre des ailes.



Infos pratiques :
16 mars 2013, 18h00 : exposition "Livres-Objets" (au Cercle Louis XVI, 2 rue Chauvin, Nantes).  

mercredi 13 février 2013

"Salut à Rodanski" - Mélusine n°33



Vient de paraître chez L'Âge d'Homme la dernière livraison de la revue Mélusine, Cahiers de l’Association pour l’étude du Surréalisme. Ce beau et imposant volume de 331 pages comporte un dossier intitulé « Salut à Rodanski », qui reprend trois des communications du colloque tenu l’an passé au Musée des Beaux-Arts de Lyon dans le cadre de l’exposition « Les horizons perdus de Stanislas Rodanski ».



Vincent Teixeira, « Les pas retrouvés de Rodanski », p. 237-247. 

 
Thomas Guillemin, « Entre intercession et réincarnation : Vaché sous la plume de Rodanski », p. 248-258.



Benoît Delaune, « “Le miroir s’achevait en vrille de flammes” : emprunts et paralittérature dans La Victoire à l’ombre des ailes de Stanislas Rodanski », p.  259-269.


(cliquez sur les images pour lire le début des articles)

Bibliographie 2012




Stanislas Rodanski, Le Club des Ratés de l’aventure, Fontaine-de-Vaucluse, Le Renard Pâle Editions, 2012.


Stanislas Rodanski, Éclats d’une vie, Bernard Cadoux, Jean-Paul Lebesson, François-René Simon Lyon, Fage Editions, 2012, 200 p. (Ouvrage de référence publié à l'occasion de l'hommage rendu à Rodanski à Lyon en 2012, sous la direction de Jean-Paul Lebesson)

       -          Poèmes et proses
       -          « Il ne s’agit pas ici », p. 135.
       -          « L’homme qui se croit fou. Essai autobiographique », p. 136.
       -          « Histoire de fou », p. 137-141.
       -          « Je n’ai pas dit mon dernier mot », p. 142-144.
       -          « C’est en forgeant », p. 145-147.
       -          « L’homme des foules 1 », p. 148-152.
       -          « Mais qui sont donc ces deux marcheurs », p. 153.
       -          C’était hier le jour des morts », p. 154. R
       -          « Trois fois rien », p. 155-170.
       -          « Au-delà de tout », p. 170-175.
       -          Brûle les souvenirs du temps, p. 176.
       -          « Je suis né sous le signe du verseau », p. 177-178.
       -          « J’ai cherché le visage », p. 179.
       -          « J’ai plongé mon regard », p. 179.
       -          « L’être du lecteur », p. 180.
       -          « Le Néon », p. 181.

-          Correspondances
-          André Breton, 1946, p. 182.
-          André Breton, octobre 1949, p. 183-185.
-          A un destinataire inconnu, p. 186-187.
-          Au Docteur Brousseau, p. 188-189. R
-          A Julien Gracq, 8 juillet 1951, p. 190-191.
-          A Julien Gracq, 23 janvier 1953, p. 192-193.
-          A Claude Tarnaud, 1947, p. 194-195.
            -      A Claude Tarnaud, 20 juin 1953, p. 196-197.