mardi 23 juin 2015

Stanislas Rodanski, Rêves - janvier-décembre 1951

Les éditions L’Arachnoïde continuent leur patient travail d'exhumation des maudits et propose un troisième titre de Rodanski, Rêves, un élégant volume de 128 pages qui contient 32 rêves de l’année 1951 accompagnés d'un introductif "Textes blêmes et ratés" magnifique.





Légionnaires d’éternel retour... Volontaires de la mort... Ces termes et d’autres que je n’ai pas retenus s’appliquent à une patrouille allemande. Leur matériel est d’aspect sinistre : on dirait des instruments de supplice. Composés des bandes de métal d’un jeu de « meccano », ces instruments s’attachent aux pieds et aux mains, griffes de fer et gantelets de même métal. Jusqu’à la casquette de la Wehrmacht qui est formée de bandes de fer. Sur le front, je vois la patrouille à l’œuvre. Chacun est spécialisé dans l’usage d’un des instruments décrits. Ils creusent une tombe carrée dans la terre noirâtre. C’est très dangereux car nous sommes aux avant-postes de la ligne de feu. Mais il y a des compensations. Il arrive que l’on arrête une patrouille anglaise (je suis surpris que les Allemands aussi aient fait des prisonniers. Je croyais qu’ils avaient perdu la guerre) et cela permet d’avoir des caisses de whisky. Le whisky est en rapport direct avec le danger.


Édition limitée à 700 exemplaires sur Fedrigoni, qui constituent l’édition originale de Rêves
ISBN 978-2-919030-18-7   -    17 €

mercredi 28 janvier 2015

Tarnaud and co on sale

Presque un an jour pour jour après une première vente contenant une partie des archives de Claude Tarnaud, la maison Auction Art récidive en en proposant une largement consacrée à l'ami de Rodanski. Pour les passionnés du surréalisme d'après 1945, le catalogue est une véritable mine d'informations. Il serait ici bien trop long de présenter dans le détail toutes les œuvres de l'auteur de La forme réfléchie qui y sont révélées. Pour les découvrir, cliquez sur la photo de Tarnaud ci-dessous. 

http://www.auctionartparis.com/ventes-aux-encheres-302/2015-02-11-claude-tarnaud-et-les-annees-pop-avant-garde

Quelques documents retiennent cependant l'attention des rodanskophiles. Le plus impressionnant est un dessin attribué à Stan dont le réalisme cru tranche nettement avec les dessins oniriques (sans doute automatiques) présentés lors de l'exposition "Les horizons perdus de Rodanski" et dont certains sont reproduits dans Éclats d'une vie.

http://www.auctionartparis.com/ventes-aux-encheres-302/2015-02-11-claude-tarnaud-et-les-annees-pop-avant-garde/70926-rodanski-stanislas-dessin-original-au-verso-dun-billet-signe-16-x-11-cm-sous

Au verso du dessin figure cette note autographe :
ces mots pour vous « accuser » sur cette carte réception de votre envoi et vous en remercier. Je suppose que le courant de septembre me verra Paris vous aussi alors. T.A.V. St. Rodanski 
De toute évidence, cette carte postale faite-main par Rodanski est adressée à Tarnaud lui-même.


Figurent également à cette vente deux lettres de Julien Gracq à Tarnaud dont l'une contient un long paragraphe consacré à Stan. Puisque Gracq mentionne au passé l'internement de Rodanski à Villejuif, la lettre ne peut dater que du 26 avril 1953.

http://www.auctionartparis.com/ventes-aux-encheres-302/2015-02-11-claude-tarnaud-et-les-annees-pop-avant-garde/70806-gracq-julien-deux-lettres-autographes-signees-a-claude-tarnaud-paris-deux-pag

Le passage concernant Stan :

J'avais égaré votre adresse et c'est Rodanski venu me voir hier, qui me l'a donne. Je l'ai trouvé en excellente forme et j'ai eu grand plaisir à bavarder avec lui quelques heures. Le récit de ses expériences oniriques et autres de ces dernières années est passionnant : il est étrange d'ailleurs, quand on a vu où il a passé (j'étais allé l'an dernier à Villejuif) de lui trouver cette espèce de sagesse. Il songe à s'embarquer sur un cargo cet été comme secrétaire de bord et m'a laissé un manuscrit que je commence à lire avec grand intérêt. Naturellement nous avons parlé de vous.

Enfin, comme lors de la précédente vente, une dessin de Béatrice de la Sablière, qui fut un temps la compagne de Stan, est également révélé dans le catalogue.

http://www.auctionartparis.com/ventes-aux-encheres-302/2015-02-11-claude-tarnaud-et-les-annees-pop-avant-garde/70843-la-sabliere-beatrice-de-dessin-original-a-lencre-de-chine-et-aquarelle-16-x-1

(cliquez sur les images pour accéder aux lots sur le catalogue de vente en ligne)

jeudi 30 octobre 2014

Patrick Modiano parle de Rodanski




Dans un entretien donné à Sandrine Treiner en 2012 dans le cadre du Marathon des mots, Patrick Modiano évoque Rodanski et son lien avec Megève. La journée consacrée par France Culture au vainqueur du Nobel de littérature 2014 a permis à une auditrice attentive de retrouver cet extrait : qu'elle soit ici remerciée.

Gilbert Vaudey parle de Rodanski


En 2013, Gilbert Vaudey publiait Le nom de Lyon chez Christian Bourgois, l'éditeur des Œuvres alors (in)complètes de Rodanski. Comme Stan enfant de Lyon, Gilbert Vaudey a exploré la capitale des Gaules avec les livres d'André Breton dans ses poches. Il évoque l'auteur du Cours de la liberté dans son ouvrage.



Pour écouter Gilbert Vaudey parler de Lyon, suivez ce lien vers l'émission Du jour au lendemain. A la fin de l'entretien, Alain Veinstein l'interroge sur Rodanski. L'extrait est repris dans cette vidéo.

 

samedi 22 mars 2014

On parle de Rodanski (9)

Jean-Pierre Duprey, Stanislas Rodanski, Claude Tarnaud, par Guy Darol

L’Anthologie de l’Humour noir d’André Breton, dans son édition définitive du 16 mai 1966, se referme sur un portrait de Jean-Pierre Duprey, celui qui « habite une maison sise au cœur d’une forêt pleine de loups ». Il est, à la fin de ce livre, « le prince du royaume des Doubles » dont le domaine « vaut la peine qu’on s’y aventure ». Une invitation que l’on devine périlleuse au risque des morsures. Elles répandent comme un poison de quête, à condition d’être hanté par le goût des questions. André Breton évoque à son sujet une « époque spirituelle », un temps où l’aventure gravissait en marge des mirages, là-dedans en quelque sorte, entre réel et imaginaire, poésie et fantastique. Mélancolie d’une période où la littérature servait d’appui pour se bâtir une vie, loin de l’impérieuse réalité. Il y avait encore la promesse d’une autre voie, alternative aux dogmes de la matière, à cette croyance superstitieuse que le réel s’achète. La poésie misait sur Le Mont Analogue, La Forêt Sacrilège, La Victoire à l’ombre des ailes  ou Le Joueur Blancvêtu. C’étaient des cartes à jouer pourvu que l’on veuille s’en sortir par des mots étincelants, voire énigmatiques,  plutôt que des doctrines en forme de barbelés. Lire la suite ici.