dimanche 21 mai 2023

Stanislas Rodanski, Le rêve du 16 août 1951 et son interprétation


 

François-René Simon édite, dans la revue L'or aux 13 îles de Jean-Christophe Belotti, un texte inédit de Rodanski, le récit de rêve du 16 août 1951, accompagné de son interprétation établie par Rodanski lui-même. Ce texte date de la période d'internement de Stan dans la section Henri Colin de Villejuif. Dans sa présentation, François-René Simon souligne le caractère extraordinaire de cet ensemble, puisque dans le manuscrit, le récit du rêve n'occupe que 3 pages tandis que son interprétation en remplit 61. Rodanski y revient sur ses obsessions autour de l'épisode de Megève (qui a en outre donné lieu à deux romans, Substance 13 et Requiem for me, également écrits à Villejuif), sa relation avec sa mère ainsi que ses liens avec le surréalisme à la fin des années 1940, entre autres.

Signalons en outre dans ce numéro la reproduction d'une série de trois très rares photographies de Jean-Pierre Duprey.

Bernard Cadoux, « Stanislas Rodanski, la folie à l'oeuvre » (revue Ouroboros #5, 2022)


 

Paraissait l'an dernier dans le n° 5 de la revue Ouroboros, un article de Bernard Cadoux, bien connu des Rodanskiennes et Rodanskiens, intitulé « Stanislas Rodanski, la folie à l’œuvre ». Bernard Cadoux y revient sur la question de l'amour et de la passion dans la vie et l’œuvre de Rodanski, dans une double perspective littéraire et psychologique.




mercredi 28 décembre 2022

Lancelo et la chimère, le manuscrit

Le cinquième et dernier volet de la vente de la Bibliothèque Paul Destribats par la maison de ventes Christie's a été l'occasion de découvrir en novembre dernier le manuscrit de Lancelo et la chimère de Rodanski. La notice pour le moins succincte indique : « Manuscrit autographe, s.d., 100 pp. in-8 à l’encre verte et bleue, un passage au crayon. Première mouture, abondamment corrigée, présentant quelques variantes par rapport à l’édition. »

 


L’intérêt de la notice en ligne est de donner à voir quelques folios du manuscrit présentés ci-dessous de sorte à les lire en partie. 



« Du milieu de l'aventure au bout du monde ». Vies de Stanislas Rodanski (Conférence de T. Guillemin)


En suivant ce lien, vous pouvez lire le texte remanié de la conférence présentée le 6 mars 2020 par Thomas Guillemin pour les patients et le personnel de l’Hôpital Paul Guiraud de Villejuif, où Rodanski a été hospitalisé près de quatre ans au milieu des années 1950. Elle constitue une version actualisée et développée de la chronologie biographique disponible sur ce blog.

samedi 13 novembre 2021

Le rosaire des voluptés épineuses - adaptation radiophonique de la pièce de Georges Lavaudant

 


Le rosaire des voluptés épineuses a fait l'objet d'une adaptation en pièce de théâtre par Georges Lavaudant en 2016, nous vous en avions parlé ici. La pièce a tourné et fait l'objet d'une adaptation radiophonique, diffusée sur France Culture le 7 novembre 2021.

 




lundi 31 mai 2021

Un soleil trop noir


 
A quatre mois d’intervalle (janvier et mai 2021) disparaissent deux hommes pour qui Stanislas Rodanski a véritablement incarné le soleil noir de leurs jours si nocturnes. Ils étaient encore à distance de la cinquantaine, et ces disparitions prématurées peuvent être ressenties comme scandaleuses, Cédric Demangeot a fondé les éditions fissile, aux aguets d’une poésie âpre comme les Sonnets de la mort de Bernard Noël, lui aussi disparu récemment, en écho à ceux de Jean de Sponde (XVIème siècle), vénérés et recopiés par Rodanski. Ses poèmes ont l’acuité d’une lame de rasoir. Il est l’auteur de “Stanislas Rodanski ou le prisme noir” qui fut édité, en 2002, dans une revue d’une grande simplicité de présentation (des feuilles A4 pliées en deux), Postscriptum. Olivier Cabière, qui avait collaboré avec François Di Dio et entendait poursuivre son travail, avait illustré ce texte de deux portraits de Stan, d’une grande et épaisse noirceur. Jacques-Elisée Veuillet, déjà affaibli par la maladie, me fit le rencontrer et notre passion commune pour Rodanski a immédiatement créé le lien. Cabière créa les éditions L’arachnoïde et publia, joliment, La Nostalgie sexuelle. Si l’édition du Cours de la liberté souffre de quelques négligences, elle sont dues au fait que Rodanski a laissé plusieurs versions de son texte et que Cabière, trop démuni pour se rendre fréquemment à Paris, n’a pu les collationner. Il se rattrapa en publiant un choix de rêves parmi les cinq cahiers que Rodanski avait remplis durant son internement à l’hôpital de Villejuif.

François-René Simon

samedi 17 février 2018

Stanisjazz Rodanski



A l’occasion d’un hommage à John Coltrane, le 9 décembre 2017 à Eymet (Dordogne) sous l’égide de l’association Maquiz’Art,  François-René Simon, accompagné par Boris Blanchet (saxophones), Etienne Déconfin (piano), Michel Zenino (contrebasse) et Simon Goubert (batterie), a lu un extrait des carnets de Rodanski rédigés à Saint-Jean de Dieu et conservés à la bibliothèque municipale de Lyon.

vendredi 19 mai 2017

Rodanski à Nyons le 25 mai

A Nyons, dans le cadre du festival Lire en Mai, le jeudi 25 mai 20h30, projection du film « HORIZON PERDU» et rencontre avec Bernard Cadoux, autour de la figure de Stanislas Rodanski, Salle de l'ancien tribunal de Nyons ( 9 Rue Pierre Toesca Nyons).
En amuse-bouche, ici, un extrait de HORIZON PERDU, film réalisé en 1980 par Jean-Paul Lebesson à partir d'un bris-collage de Bernard Cadoux et Jean-Paul Lebesson sur une fabulation de Stanislas Rodanski


vendredi 17 mars 2017

Rodanski portraitiste de Jacques Vaché

Se tient actuellement, et jusqu'à la fin du mois de mai, au château des Ducs de Bretagne à Nantes, l'exposition "Aux origines du surréalisme - Cendres de nos rêves", consacrée à Jacques Vaché, ses amis lycéens et leurs trajectoires tragiques durant la Première Guerre mondiale. La dernière partie de l'exposition présente la figure de Vaché dans la galaxie surréaliste et s'achève par un dessin récemment retrouvé de Stanislas Rodanski. Construit comme une carte de tarot, Rodanski y représente deux figures totem pour lui : Sade et Vaché.


Cet incroyable dessin associe les deux seuls portraits de Vaché alors connus : un dessin publié par Breton comme étant son autoportrait (dans le numéro 2 de La révolution surréaliste) et son unique photographie connue à cette date (figurant dans la notice de la seconde édition de l'Anthologie de l'humour noir). 



Au portrait lui-même, Rodanski associe des attributs hylariens : petit dessin d'un canon inspiré des illustrations des lettres de Vaché publiées dans la seconde édition des Lettres de guerre (K Éditeur, 1949) et un réveil-matin "horrible", pour reprendre le qualificatif de Vaché, dont le cadran figure une tête de mort et compte non pas jusqu'à 12, mais 13. Le dessin fonctionne donc totalement dans l'imaginaire rodanskien hanté par Vaché et notamment exprimé dans Substance 13 (édition par François-René Simon aux Éditions des Cendres). 

Le dessin de Rodanski est reproduit dans le numéro 62 (mars-avril 2017) de la revue Place publique, qui publie un dossier autour de Jacques Vaché et de cette exposition (site de la revue).

Rodanski en anthologie

Les éditions La Passe du Vent publient une anthologie de poètes lyonnais, réunie par Patrice Béghain et où Stanislas Rodanski figure en bonne place.



On y retrouve les poèmes suivants, précédés d'une notice biographique de cinq pages :

L’aube infuse des draps de fer blanc (tiré de La montgolfière du déluge, p. 26)
Les yeux coulent de source sûre (tiré de La montgolfière du déluge, p. 48)
L’espace-fenêtre ouvre sur l’avenir-miroir (tiré des Écrits, p. 201)
Béatitude des limbes (tiré des Écrits, p. 210-211)
Étrangers (tiré des Écrits, p. 227-228)
Je suis seul (tiré de Je suis parfois cet homme, p. 106-107)
La traversée nocturne du héros (tiré de Je suis parfois cet homme, p. 26-27)
Donnez-moi des chants plus désespérés (tiré de Je suis parfois cet homme, p. 56)
Lyon perle de soie grise (tiré de Je suis parfois cet homme, p. 115)
Mont-Dragon (tiré de Je suis parfois cet homme, p. 157-158)

La partie consacrée à Rodanski s'achève par deux documents : un photo-montage réalisé pour cette édition et l'affiche de notre exposition de 2012. Lors de cet hommage, Patrice Béghain avait donné une conférence sur Stan, en revenant notamment sur le texte Le cours de la liberté, conférence que l'on peut réécouter en suivant ce lien.

mercredi 15 mars 2017

Rodanski dans la correspondance Breton-Tarnaud en 1948


Une récente vente aux enchères (Galateau-Pastaud, 21 février 2017) a vu passer un ensemble de lettres d’André Breton à Claude Tarnaud, datant des années 1947-1948, certaines plus particulièrement relatives à la réalisation de la revue Néon, dont Rodanski fut l’un des membres fondateurs et trouva le titre.



D’Antibes, le 7 février 1948, Breton félicite Tarnaud : « Bravo encore pour « Néon » et la part que vous y avez prise, pour ma part, je ne me sais un peu gré que d’avoir insisté pour que « l’éclosion du tu » n’y sois pas privée de sa partie centrale rayonnante […] Avec Matta je crains fort que la confusion idéologique la plus complète ne s’installe en reine sur le pavé de la dernière ville du monde. Bataille entre autres, après son dernier texte de Critique me paraît de moins en moins défendable. […] Alain Jouffroy m’avait communiqué ses derniers textes (splendides). » Puis le 24 février suivant, Breton donne à Tarnaud des nouvelles de Rodanski, qui lui a écrit : « J’ai reçu hier une lettre de Rodanski tristement timbré d’une prison de Lyon. Je m’en désole pour lui ». Depuis fin janvier, Rodanski est en effet retenu à la prison Saint-Paul de Lyon (voir ici). Breton poursuit : « Il faut absolument que vous teniez tête autrement dans dix ans – à supposer d’une manière toute gratuite que ces dix ans de conscience nous soient encore données, regardons du côté de Prague aujourd’hui, ils en seront encore à taxer d’hitlérisme ou de pis encore (leurs ressources sont insoupçonnables) ». En mars, toujours à Antibes, Breton réitère ses félicitations mais apporte également quelques critiques : « Le numéro de Néon m’est parvenu hier. Je voudrais n’avoir à en dire qu’une chose : c’est qu’il est vraiment superbe à ouvrir (Heisler s’est surpassé) et que, sur le plan de l’écriture les collaborations de Mabille, Magloire Saint-Aude, Jouffroy, Demarne, Baskine, Duits, marquent tout le renouvellement désirable. […] Je trouve absolument inadmissible que Julien Gracq soit attaqué dans le journal à propos d’un livre qu’il m’a consacré. Vous même me disiez tout récemment combien vous admiriez « Liberté grande » ». Un télégramme, dont la date n’est pas donné dans le catalogue, indique que les remarques de Breton ont été suivies : « Rectification parfaite. Affection. Breton ».

Dans la même vente, un texte de Jouffroy offert à Tarnaud et plusieurs œuvres et livres de ce dernier étaient également mis à l’encan.

(illustrations et citations des textes proviennent du catalogue de vente en ligne désormais indisponible sur le web)

jeudi 2 juin 2016

Jean-Dominique Rey in memoriam

© Christiane Rey
 Jean Dominique Rey 29 mars 1926-22 mai 2016


Nous apprenons seulement aujourd'hui la disparition de Jean-Dominique Rey, qui fut l'ami de Rodanski lors des années 1947-1948 autour de Brauner et la revue Néon. Patrick Kechichian lui consacre un article sur le site du Monde.

On pourra réécouter Jean-Dominique Rey parmi les amis de Rodanski interviewés dans le numéro spécial consacré à l'auteur de La victoire à l'ombre des ailes par l'émission Surpris par la nuit (1999)



mercredi 1 juin 2016

Le rosaire des voluptés épineuses, par l’équipe d’LG Théâtre de Georges Lavaudant

3-6 juin 2016, Le Printemps des comédiens à Montpellier 



Le rosaire des voluptés épineuses, par l’équipe d’LG Théâtre de Georges Lavaudant 


« Comme très souvent avec Rodanski, qui à ma connaissance n’a jamais écrit de véritables pièces de théâtre, nous nous trouvons confrontés à plusieurs énigmes qu’il nous faut déchiffrer – parfois même accepter de laisser irrésolues. En apparence, nous sommes dans un hôtel/palace/tombeau (chez Rodanski, ne biffez jamais les mentions inutiles). Un dandy/criminel/poète du nom de Lancelot (comme le valet de trèfle) vient d’empoisonner/pousser au suicide une amie/amante portée sur le mensonge et les jeux érotiques. Bientôt on frappe à la porte. Apparaît alors la Dame du Lac, sorte de double ou d’ombre de la précédente, venue pour jouer son rôle. Mais c’est aussi, bien évidemment, la Mort, une mort aux multiples masques. S’ensuivent quelques échanges décalés, des réponses incertaines, des jeux de mots, des sommations, tout un attirail verbal évoquant des paysages enneigés ou retraçant la figure de la défunte (“Imago”). Tout cela à travers de longues phrases enroulées sur elles-mêmes comme des serpents se mordant la   eue, sous le regard amusé et en la présence manipulatrice d’un serviteur : Carlton (“la voix de son Maître”). » Georges Lavaudant

 
 

Avec Frédéric Borie (Lancelot), Élodie Buisson (La Dame du Lac), Frédéric Roudier (Carlton), Louis Beyler et Clovis Fouin.

samedi 28 mai 2016

Élie-Charles Flamand in memoriam



Élie-Charles Flamand, 25 décembre 1928-25 mai 2016
(ici avec Rodanski, à Lyon, années 50)



Bien cher Stan, mon ami Stanislas Rodanski, maints souvenirs de toi remontent souvent avec émotion du fond de ma mémoire. Je nous revois, lors de mes séjours à Lyon alors que j’étais déjà fixé à Paris, dans nos errances nocturnes, sillonnant le labyrinthe de la ville endormie. Tu me faisais alors le présent de tes longs monologues d’un fulgurant lyrisme, s’y enchaînaient les récits de ta quête du ténu, de l’inaccessible, les éclats de la création spontanée d’une mythologie personnelle qui donnait visages chatoyants à l’Amour et à la Mort et au Temps, le désir farouche de franchir toutes limites et tantôt de se tenir sur la fine pointe de l’extrême, tantôt d’être, comme tu l’as magnifiquement écrit : « la balle au bond d’un instant de liberté ». Ces traversées de nuits embrasées se terminaient dans quelques boîtes de nuit un peu louches où nous nous enchantions mélancoliquement des voix rauques de chanteuses sans espoir.


Lire la suite des "Souvenirs sur Stanislas Rodanski" d'Élie-Charles Flamand (paru initialement in Supérieur Inconnu (2007), repris in Propos mosaïqués, en ligne, p. 201-205).




Stanislas Rodanski photographié par Élie-Charles Flamand à l'hôpital Saint Jean de Dieu de Lyon, à la fin des années 1950.

dimanche 10 avril 2016

Patrice Beray - L’événement inconnu (Stanislas Rodanski, Jean-Luc Raharimanana) (blog "Inspire, ce n'est rien")

C’est François-René Simon qui m’a rappelé cette image de Stanislas Rodanski, « l’événement inconnu », alors que l’on fêtait la semaine passée, à Toulouse, un cher ami commun. Certes, il serait commode de réduire cette image à une figure de rhétorique : l’oxymore par exemple. Car pas de lapsus possible, le poète n’a pas dit événement inattendu ou imprévu, mais « inconnu ». Or comment un mot dont le sens porte à penser qu’il désigne un fait, qui, par nature, a eu lieu, ou est en train d’arriver, pourrait-il être qualifié d’« inconnu » puisqu’on est censé en avoir connaissance dès lors qu’on le perçoit, surgissant dans la réalité comme tel ? Ce fait, à défaut de le comprendre, et pour peu qu’il se déroule sous nos yeux, ou à tout le moins à portée d’oreilles, on pourrait le décrire, en témoigner et même essayer de l’interpréter.

Pour autant, il n’est pas tout à fait exact de dire que les deux termes s’excluent absolument de par leur sens (ce serait alors bien un oxymore). C’est leur association qui est troublante, et bien dans la manière de l’image surréaliste consistant à rapprocher deux réalités en tous points éloignées.

Si tout dans cette image, « l’événement inconnu », par la force de l’adjectif « inconnu », paraît propulser au-devant de la vie, dans le présent qui sollicite au-dehors, en un mélange d’anxiété et de désir de découverte, alors le mot même d’événement, dans le rapprochement inédit de ce couple de termes, est là pour retenir au-dedans, pour rattacher à un passé immédiat ou lointain.

C’est que l’événement tout autant que de placer devant la vie renvoie au vécu immédiat ou lointain. Ainsi cet événement inconnu prend-il attache dans la mémoire, et s’il est resté enfoui dans le passé, en tant qu’événement, c’est parce qu’il n’a pas été possible au moment de son surgissement de percevoir pleinement sa qualité ou son importance. Ajoutons même que pour des raisons contingentes, il ne pouvait pas en aller autrement au moment de son surgissement.

En une image l’événement que délivre Rodanski a ceci de singulier qu’il s’est empli de la capacité des mots, dans leurs relations, à transformer la réalité. Et c’est sa réapparition au fil du temps, dans le temps qui l’a vu grossir, qui en fait, par son cheminement secret et sa survenance dans un présent plus lointain, un « événement inconnu ». Lire la suite...

mercredi 30 mars 2016

Rodanski on air - B. Lacarelle pour Le club des ratés de l'aventure

Bertrand Lacarelle était l'invité de l'émission Poésie et ainsi de suite, aux côtés de Jean-Michel Ribes, pour évoquer Cravan, Vaché, Rigaut, Rodanski et quelques autres. On le réécoute en cliquant ci-dessous (vers la 25e minute) !

lundi 21 décembre 2015

Alain Jouffroy in memoriam

Alain Jouffroy, 11 septembre 1928-20 décembre 2015




 

 En 1999, Alain Jouffroy participait au portrait radiophonique de Rodanski sur France-Culure.

En 2002 paraissait aux éditions Jean-Michel Place son dernier ouvrage consacré à son ami, Stanislas Rodanski, une folie volontaire. Dès 1966, il en faisait l'un des personnages principaux de son roman Le temps d'un livre.


lundi 19 octobre 2015

Bertrand Lacarelle, La taverne des ratés de l'aventure


Les Éditions Pierre-Guillaume de Roux publient le troisième essai de Bertrand Lacarelle, La taverne des ratés de l'aventure, où Rodanski occupe une place de choix. Contrairement à ses deux premiers livres (Jacques Vaché et Arthur Cravan, précipité), B. Lacarelle ne s'intéresse pas seulement à la trajectoire d'un maudit de la littérature du XXe siècle, mais à une idée - pas seulement littéraire d'ailleurs - celle d'aventure. Rodanski était tout à fait indiqué pour faire surgir ce thème dans notre époque, celle des "vivants-morts" selon B. Lacarelle. Ouvrage nettement plus personnel que les deux précédents, où fiction, autobiographie et essai littéraire se mêlent habilement, La taverne des ratés de l'aventure propose notamment une mise en perspective de la figure de Rodanski dans l'histoire du XXe siècle (sur un mode différent de Pour chorus seul de Patrice Beray). Signalons que quelques photographies y sont reproduites, dont une portrait inédit de Béatrice de la Sablière, qui fut un temps la compagne de Stan.

Présentation de l'éditeur : Pendant près d'un mois le narrateur écrit dans un bistrot découvert par hasard, La Taverne des ratés de l'aventure, rue Gît-le-cœur à Paris. Le lieu a été créé en hommage au poète Stanislas Rodanski par le patron, Bernard Schwartz, ancien parachutiste à la vie légendaire qui a été son ami. Il est fréquenté par Alexis Morenne et son « Club des ratés de l'aventure », spécialiste du poète, et par des habitués étranges (« Néon », Clara, le comte de Sans-Refus) qui accompagnent le narrateur dans sa quête. Ce dernier se plonge dans les bibliothèques sauvages de la taverne et, de lectures en lectures, se met à écrire son propre livre.

Cela commence par un essai sur Rodanski, obsédé par l'aventure et la recherche de la réalité à travers le néant moderne, mais qui a passé la moitié de sa vie dans un asile psychiatrique. Son destin suscite une réflexion sur les liens entre aventure et littérature, une critique de la société de l'image et des « vivants-morts », un appel au réveil encouragé par les chevaliers-poètes et les ratés magnifiques. Dans cette renaissance au sein de la taverne, le narrateur sera guidé par des victimes, des résistants ou des prophètes comme Jack Kerouac, Chrétien de Troyes, Etienne de la Boétie, Thoreau, Baudelaire, Henry Miller, Bernard Lamarche-Vadel, Fritz Zorn, Witold Gombrowicz, Dominique de Roux, Milo Manara, René Daumal, Herman Hesse ou encore George Romero et F.J. Ossang.

mardi 23 juin 2015

Stanislas Rodanski, Rêves - janvier-décembre 1951

Les éditions L’Arachnoïde continuent leur patient travail d'exhumation des maudits et propose un troisième titre de Rodanski, Rêves, un élégant volume de 128 pages qui contient 32 rêves de l’année 1951 accompagnés d'un introductif "Textes blêmes et ratés" magnifique.





Légionnaires d’éternel retour... Volontaires de la mort... Ces termes et d’autres que je n’ai pas retenus s’appliquent à une patrouille allemande. Leur matériel est d’aspect sinistre : on dirait des instruments de supplice. Composés des bandes de métal d’un jeu de « meccano », ces instruments s’attachent aux pieds et aux mains, griffes de fer et gantelets de même métal. Jusqu’à la casquette de la Wehrmacht qui est formée de bandes de fer. Sur le front, je vois la patrouille à l’œuvre. Chacun est spécialisé dans l’usage d’un des instruments décrits. Ils creusent une tombe carrée dans la terre noirâtre. C’est très dangereux car nous sommes aux avant-postes de la ligne de feu. Mais il y a des compensations. Il arrive que l’on arrête une patrouille anglaise (je suis surpris que les Allemands aussi aient fait des prisonniers. Je croyais qu’ils avaient perdu la guerre) et cela permet d’avoir des caisses de whisky. Le whisky est en rapport direct avec le danger.


Édition limitée à 700 exemplaires sur Fedrigoni, qui constituent l’édition originale de Rêves. 
ISBN 978-2-919030-18-7   -    17 €